Lors de notre séjour à Aceh, nous avons tenu à revoir les lieux des destructions où nous avions travaillé. Il y a 5 ans, tout n'était que ruine. Il ne restait rien des maisons, des rues, des arbres. Seules quelques mosquées construites en béton avaient résisté au raz de marée du Tsunami.

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L'Ampung 1 est devenu un lieu étonnant où se croisent touristes indonésiens et curieux. Autour du bateau, un jardin accueille un petit bâtiment contenant des pancartes explicatives sur le drame du 26 décembre 2004, avec de très nombreuses photos prises dans les premières heures. Des enfants viennent regarder avec émotion ces images de désolation et de mort.

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Yussuf, le conducteur de la moto-sidecar qui nous sert de taxi, nous explique qu'il est natif de ce quartier.''

"Le jour du Tsunami, je n'étais pas chez moi, je travaillais dans le nord de la ville. Lorsque je suis revenu, tout avait disparu. J'ai perdu mes parents, ma femme, 3 de mes 4 enfants et je ne sais plus combien de cousins et de proches". Son attitude réservée nous rappelle que chaque Acehnais encore en vie aujourd'hui a perdu au moins une personne proche dans ce drame. "Une vie entière ne suffira pas à effacer notre peine" nous confie-il au moment de repartir.



Un peu plus loin, nous découvrons un autre bâtiment étonnant, il s'agit du Musée du Tsunami. Déssiné par l'architecte indonésien Ridwan Kamil et inauguré en Février 2009, il est pourtant toujours fermé. Ce curieux bâtiment moderne, ayant couté 6,7 millions de dollars et dont la forme est censée représenter la coque d'un bateau dans la vague du Tsunami, doit servir de lieu d'exposition, d'éducation, mais aussi de refuge en cas de nouveau Tsunami. Cette dernière option semble peu probable .

La ville a changé autant que la vie a pu reprendre le dessus. Il est rare pour des humanitaires de pouvoir revenir sur des sites d'urgences 5 ans après une catastrophe. C'est une chance pour nous, et celà nous permettra de mieux appréhender nos actions sur les "urgences", tout en gardant en tête dès le début de nos actions la nécessité d'imaginer aussi la vie à long terme, une fois que les humanitaires et les caméras de télévision sont rentrés chez eux.