Dans le même temps, l'équipe de Help Doctors vient de finaliser la mise en place d'un dispensaire spécialisé dans le suivi et le traitement des malades chroniques (diabétiques, hypertendus, cardiaques...). Le choix s'est fait sur la ville de Khan Younes. Il s'agit de la capitale du sud de la bande de Gaza.

Depuis longtemps, cette région éloignée de Gaza Ville et du Nord est habitée par des ruraux et des urbains tous pauvres et précaires. Le début des activités de soins est prévue pour la fin du mois d'Avril, avec une équipe soignante 100% palestinienne.

Il est aujourd'hui techniquement difficile de monter un projet comme celui ci. Il n'y a pas assez d'appartements pour loger les quelques 50 000 sans abris victimes de la guerre de décembre dernier. Les loyers flambent.

Le marché noir dicte ses règles. Le blocus Israélien sur Gaza étant presque total, plus rien ne passe. Il n'y a plus de bois pour faire des meubles, plus de béton pour les immeubles, pas de peinture, pas de fils électriques, pas de plomberie.... L'aide humanitaire autorisée à entrer est exclusivement médicale. Mais la quantité ne fait pas la qualité. De nombreux pays ont envoyé des médicaments inutiles ou périmés. Paradoxalement, il y a dans Gaza trop d'antibiotiques et pas assez de bouteilles de gaz pour faire la cuisine.

L'aide humanitaire ne peut pas se limiter aux seuls médicaments. Il est urgent de garantir aux Gazaouis le libre accès à l'eau potable, le traitement des eaux usées, la possibilité de se loger dignement, de bénéficier d'une alimentation suffisante et équilibrée, de pouvoir se soigner, même lorsqu'ils sont atteints de maladies chroniques nécessitant des traitements indisponibles sur Gaza, comme, par exemple, les cancers.

L'embargo imposé aux frontières de Gaza entretient le marché noir et l'approvisionnement via les tunnels avec l'Egypte. C'est aujourd'hui le seul moyen de maintenir un approvisionnement en biens de consommation. Qu'il s'agisse de cigarettes, de motos, de couches pour bébé, d'alimentation....tout passe par les tunnels. Cette économie "souterraine" connue et tolérée de tous, favorise la montée de la pauvreté puisque les familles doivent payer le prix fort pour couvrir les besoins essentiels. En laissant s'officialiser cette pratique de subsistance.

A la crise humanitaire succède donc une crise économique majeure. Les Gazaouis sombrent chaque jour un peu plus dans l'extrême pauvreté. Cette situation est réversible. Il suffirait d'ouvrir les frontières aux biens et aux marchandises pour que l'inflation et la contrebande des tunnels cessent.

Gaza n'est pas une région perdue et inaccessible de l'Asie ou de l'Afrique. Une fois passé la frontière avec Israël, rien ne manque. Les routes sont en bon état, les villes fleuries, les magasins approvisionnés, les prix régulés, personne ne roule avec une charrette en bois tirée par un âne. Il n'y a donc aucune raison environnementale pour que la population de Gaza ne puisse pas bénéficier du même confort de vie au quotidien de leurs proches voisins Israéliens ou Egyptiens.

Chaque jour de blocus qui passe fait un peu plus basculer la population vers "l'âge de pierre". Cette punition collective touche sans restriction et sans distinction 1,5 millions d'habitants prisonniers à ciel ouvert sur 360 km2.

Aujourd'hui, il y a urgence à mettre en place tous les mécanismes internationaux de protection des populations civiles et à faire respecter le Droit Humanitaire International à Gaza.