Ici, la situation est insaisissable.

Depuis la mission d’urgence que nous avons menée pendant la guerre à Gaza (du 11 au 20 janvier), nous tentons d’obtenir les autorisations pour y retourner.

Côté Israélien, il faut entrer par Erez. Pour passer, il faut l‘accord de l’armée israélienne. A ce jour, toutes nos demandes de « coordination » ont été refusées. Dernièrement, il nous a été expliqué que nous devions être enregistrés auprès du Ministère des Affaires Sociales Israélien, seul habilité à nous autoriser l'accès à Gaza. Après des dizaines de mails et d’appels téléphoniques, rien ne se débloque. Pour l’instant, seules les ONG humanitaires qui ont une représentation permanente en Israël peuvent se rendre à Gaza.

Côté Egyptien, où nous sommes arrivés il y a 2 jours par Le Caire, le point de passage de Rafah Egypte a été fermé le 5 février. Malgré de nombreuses informations optimistes il y a quelques jours, nous ne pouvons que constater que l’aide humanitaire internationale est effectivement interdite par ce point de passage.

Hier et aujourd’hui, nous avons passé la journée à négocier avec les douanes et les services de sécurité Egyptiens. Nous avons été rejoint par des dizaines de familles de palestiniens binationaux qui tentent de rentrer chez eux.

Seules les personnes blessées pendant la guerre et soignées en Egypte peuvent retourner à Gaza.

A Rafah Egypte, la situation est tendue. Les nombreux enfants restent toute la journée en plein soleil, alors que les parents s’impatientent. Le ton monte et la confusion règne le plus souvent.

Il nous est difficile de comprendre pourquoi les habitants de Gaza ont interdiction de rentrer chez eux et sont retenus contre leur gré dans un pays tiers.

Il n’y a aucun journaliste ni aucune présence internationale autre que la nôtre à Rafah. Gaza a besoin d’aide de post urgence. Tout manque encore. Le blocus continue.

Les patients chroniques (diabétiques) attendent l’ouverture du "dispensaire de Rafah » et le personnel médical (6 personnes) que nous avons recruté en janvier a besoin de travailler pour vivre.

Dès demain, nous retournerons au point de passage de Rafah nous associer aux familles palestiniennes qui attendent toujours. Nous continuerons d’insister et de faire savoir que l’aide humanitaire doit pouvoir accéder librement à Gaza par l'Egypte.

Le blocage de la Bande de Gaza à l’aide humanitaire est une réalité. D’un côté, totalement interdit par l’Egypte et de l’autre « choisi » par les autorités Israéliennes.