Gaibandha, ville au nord du Bangladesh, lundi 17 novembre 2008

« Alors, il faut appuyer sur le ventre d’un bébé si il avale de travers ?...» demande spontanément Shahin devant la démonstration parlante d’un bouchon expulsé d’une bouteille en plastique après l’avoir comprimée. Oui, le message est bien passé.

Le cours des gestes d’urgence en pédiatrie vient à peine de débuter et déjà les échanges sont dynamiques grâce à la chaleur du contact des Bangladeshis.

Nous sommes une équipe de helpdoctors composée de Delphine, urgentiste au CHRU de Lille, et de Maëlys, sage-femme à la maternité Paul Gellé de Roubaix. Fraîchement nommées « formatrices » au sein de l’ONG partenaire Friendship , nous sommes venues compléter leur connaissance sur la pédiatrie et l’obstétrique.

Après une mise au point par Delphine expliquant la manœuvre de Heimlich pour extraire un corps étranger au fond d’une glotte d’un jeune enfant, l’examen clinique pédiatrique sera testé par chaque élève.

Nagma, une des élèves « paramédics » nous offre un échange permettant une vue plus globale de la situation des femmes Bangladaises. Le suivi de grossesse est rare et depuis quelques années plus de 85 % des femmes accouchent à domicile.

En cas de catastrophes et d'inondations, nous apprenons que le pays peut passer, en quelque mois, d’une proportion de territoire immergé de 60 à 80 % de la superficie totale.

Le taux d’accouchement à domicile ne fait qu’augmenter du fait du mouvement perpétuel et imprévisible des berges en fonction des pluies et des saisons. Dans le pays l’altitude moyenne est de 5 mètres entraînant une délocalisation parfois soudaine de famille entière. Les déplacements sont toujours aléatoires et difficiles.

Il apparaît inévitablement plus simple pour ces femmes d’avoir recours à des sages-femmes traditionnelles se déplaçant à domicile plutôt que de prendre des pirogues pour rejoindre la «delivery clinic».

Nous comprenons, alors toute l’importance pour eux de maîtriser les geste qui sauvent en situation d'urgence, d'isolement et de médecine de catastrophe.