Le paludisme, maladie de la pauvreté, est aussi un facteur de pauvreté, car il s'avère être un obstacle redoutable pour le développement économique et social de l'Afrique: la perte annuelle du P.I.B. africain liée au paludisme est ainsi estimée à 12 milliards de dollars!

Pourtant, des solutions existent pour mettre fin à ce fléau. Les moustiquaires imprégnées d'insecticide sont l’un des moyens de prévention les plus efficaces.

Au niveau des traitements, les nouvelles combinaisons thérapeutiques développées au cours des dernières années sont bien plus coûteuses que les traitements traditionnels, expliquant leur diffusion largement insuffisante, et ce alors que la résistance aux médicaments développée par les parasites du paludisme, rendent indispensables les investissements permanents dans de nouveaux traitements - d’autant qu’à ce jour aucun vaccin efficace n’a pu être mis au point. Les résultats encourageants obtenus en Éthiopie, au Vietnam ou encore au Brésil prouvent pourtant l’utilité d’investir dans la lutte contre cette maladie, puisque ces pays ont réussi à réduire jusqu'à 50 % le nombre de décès liés au paludisme.

Le Fonds mondial estime les besoins de financements dans ce domaine à environ 3,2 milliards de US$, dont à ce jour seul un tiers est disponible. Cette journée veut rappeler l’utilité de se mobiliser contre cette affection.

Quelques chiffres :

- Le paludisme à falciparum tue plus d’un millions de personnes par an dont près de 90% en Afrique.

- Le paludisme tue 1 enfant africain de moins de cinq ans toutes les 30 secondes.

- Le paludisme est la quatrième cause de mortalité des enfants en Afrique, devant le sida.

- On dénombre 350 à 500 millions cas de crises de paludisme chaque année.

- Fin 2004, 107 pays et territoires comptaient des zones où il y avait un risque de transmission du paludisme. Environ 40% de la population mondiale vit dans des zones à risque.

- Environ 60% des cas dans le monde, quelque 75% des cas de paludisme à P.falciparum et plus de 80% des décès par paludisme se produisent en Afrique subsaharienne. Le plasmodium falciparum est responsable de la grande majorité des infections dans cette région et de 18% des décès d’enfants de moins de cinq ans.

- Dans les pays d’endémie africains, il est à l’origine de 25% à 35% des consultations ambulatoires, de 20% à 45% des hospitalisations et de 15% à 35% des décès à l’hôpital, faisant ainsi peser une lourde charge sur des systèmes de santé déjà fragiles.

- L’OMS estime que 90% des décès liés au paludisme touchent les enfants.

- Chaque année, le paludisme grève la croissance économique de l’Afrique de 12 milliards de dollars, affectant le quotidien de millions d’individus qui privés de leur travail s’enfoncent encore plus avant dans la pauvreté (source : Coalition française contre le paludisme, CP 16 novembre 2006).

- Le partenariat mondial «Faire reculer le paludisme» a chiffré à 3,2 milliards de dollars par an les fonds nécessaires pour lutter efficacement contre le paludisme dans les 82 pays endémiques les plus touchés.

Changement des protocoles thérapeutiques Plusieurs pays d’Afrique ont donc revu leurs directives thérapeutiques : en moyenne, ces pays ont mis 18 mois pour passer d’un consensus à une mise en œuvre complète. Ce délai a été en partie consacré à l’obtention d’un soutien politique et financier, à la formation des prestataires de soins de santé et à la sensibilisation de la population.

Ces changements de protocoles engendrent également des coûts considérables, servant à financer l’achat et l’approvisionnement des médicaments nécessaires ainsi que la formation des personnels soignants.

On observe que la demande de traitements combinés à base d’artémisinine («CTA») a augmenté rapidement depuis que le Fonds mondial a commencé à distribuer des ressources aux pays. 41 pays d’Afrique ont adopté ce type de traitements.

Il faudra mieux prévoir les besoins en médicaments et les engagements financiers des pays pour que les fabricants de «CTA» augmentent leur volume de production.

Source : Rapport mondial sur le paludisme, OMS mai 2005